| CREATION |
| Une page blanche…….. Un premier trait, Comme une première armure, Qui se fissure…….. Un deuxième, un troisième, Comme une aurore Encore très pure…… |
| L’émoi de la page blanche, Qui a perdu sa virginité, Elle n’est plus, Est-ce bien raisonnable ? Un quatrième, un cinquième, Le geste s’échappe, Plein de l’espérance du devenir….. |
| Je tente, je suggère, Mais déjà, le voyage commence, La locomotive libère sa vapeur, Rails contre fer, Grincements, crissements…….. |
| Elle roule et roule et roule, Elle conquiert sa puissance, Elle cour un pays de landes, Elle déchire les barrières du concret, Elle va, va, va, encore, encore, encore, Elle vole dans un domaine étrange, Elle se colle à mon cœur, à mon corps, Elle se coule en moi……. |
| Etrange pays que voilà, Je suis hors d’eau, hors de terre, Peut-être le monde de l’air ? |
| Je bleuis, je verdis, je jaunis….. Je noircis, je blanchis,…….je rougis……... En traits lacérés, En griffes exacerbées, En coulures effrontées. |
| Tout se jette, tout se choque, Des volumes s’appauvrissent, D’autres s’enrichissent. Cela se courbe, cela se tord, Comme le serait un corps à corps, Cela se noie, cela se précise, Mais la fadeur n’est pas de mise ! |
| Tout est au gré de ma volonté, Quelle sensation de liberté ! |
| Mon osmose interne, vibre fortissimo, Le monde autour de moi, pianissimo, Il m’entoure comme des ombres ignorées. Mon horloge baroque, ma locomotive emballée, Mon ordonnance décalée, S’accommodent de l’œuf, à la coquille fragilisée, Dans lequel je me suis réfugiée. |
| Décidément, étrange pays, déconcertée De mon moi, en essai d’être révélé ! J’ai pris tous les chemins de traverse, Pour aller là, ou je n’allais pas, si je n’avais pas été ! Je cultive à merveille le dérisoire, Au nom de la profondeur de l’expression, Au nom de la sacro-sainte création. Pour qui ? Pour quoi ? Pour moi ? Je ne sais pas, et à quoi bon ? |
| Mais je vous avais laissés, Et enfin, je reviens vers vous apaisée……. Communicante ? Le bonheur de dire….. Oh oui, je le désire ! |
| Passants qui passez, J’aimerais vous donner, Un petit bonheur léger, Devant mes toiles, noires, et colorées. Quelques secondes volées, A l’habitude normalisée. |
| J’aimerais, mais bon, je ne sais…… Je ne perds jamais de vue, L’illusion de ma vision, L’anecdote, admissible ou non, La violence de l’érosion, Le noir, inconcevable à la joie ! |
| De la toile vierge, à la toile jamais finie, A jailli un morceau de vie. J’aurais tant aimé vous étonner, De part ce qui restera pour moi, Immanquablement, à jamais, inexpliqué, Le mystère de mon étrange pays…….. |
| Claire |
| DES LIGNES |
| C’est la fuite des lignes…. Elles s’envolent et se perdent, et le dédale de l’inconscient devient traces…. Mystère de la complexité, tout ça pour devenir simple et directe… Mais où je vais ? Je suis pleine de doutes….. Ma toile est mon chemin, je pense au vent, à la pluie, aux nuages, Au trou noir de l’incertitude, à la mort….. Une descente aux enfers, jusqu’à en trouver la paix… Et trouver le noyau de ce qui peut me faire dire : Je Laisser trace, à tout les prix, vouloir que l’on connaisse, Mon éphémère, mes errances, ma profondeur, ma volonté de légèreté…. Finalement, je crois que je ne suis qu’une impressionniste………. |
| Claire |
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